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  Alto Invest : « Devenir le champion du financement des PME européennes »

Par : Benoît Descamps

Alors que la société Alto Invest vient d’être acquise fin juin dernier par Eiffel Investment Group, Antoine Valdes, son président-directeur général, et Emilie Da Silva, sa directrice associée, nous présentent leurs ambitions envers la clientèle patrimoniale et les évolutions de la société.

Profession CGP : Quels sont les objectifs de ce rapprochement avec Eiffel Investment Group?

Antoine Valdes : Notre objectif est de devenir le champion du financement des entreprises en Europe, plus précisément les PME. En effet, nos expertises sont complémentaires.

D’un côté, Alto Invest est un spécialiste du financement des entreprises européennes en capital via sa gamme de fonds fiscaux et le FCP Nova Europe. De l’autre, Eiffel IG est un acteur du financement par la dette au travers de fonds de prêt, de fonds sur la transition énergétique et le crowdlending, pour des entreprises réalisant entre 5 et 100 M€ de chiffre d’affaires, et ce en complément des banques.

Emilie Da Silva : Il s’agit donc de développer une offre globale pour les entreprises en recherche de financement. Côté clients, nos approches sont complémentaires puisque nous distribuons nos solutions principalement auprès de la clientèle retail (à 45 % via les CGPI et via des banques), tandis qu’Eiffel Investment Group s’adresse exclusivement à une clientèle institutionnelle.

La société Eiffel IG est détenue par Impala, groupe dirigé par Jacques Veyrat qui est également le nouveau président du groupe FNAC-Darty.

PCGP : Que représente le nouvel ensemble ?

A. V. : Alto Invest dispose d’environ 400 millions d’euros d’encours, à fin juin 2017. Eiffel environ 1 milliard d’euros, soit un total de près 1,4 milliard d’euros.

E. D. S. : Notre objectif est de doubler de taille, d’ici trois à cinq ans, via des synergies produits et clients.

PCGP : Quelles nouvelles solutions comptez-vous développer ?

A. V. : Nous travaillons déjà sur de nouvelles offres innovantes. Un fonds de dette privée visant à délivrer du rendement pourrait être créé. Détenu sur le long terme, ce véhicule pourrait être une belle alternative à un fonds en euro. D’autres solutions mêlant nos savoir-faire sont également à l’étude.

PCGP : Alto Invest se distingue également par le prisme européen de ses investissements…

E. D. S. : Tout à fait, cela apporte une plus grande richesse au niveau des entreprises financées, mais aussi une meilleure diversification pour la clientèle.

PCGP : Quelles solutions proposez-vous actuellement à la clientèle retail ?

A. V. : Nous proposons actuellement notre FCPI permettant une réduction d’IR : le FCPI Innovalto 2017-2018. Il sera investi dans la lignée de nos produits, à savoir dans des sociétés françaises et européennes, cotées et non cotées, opérant dans les domaines des logiciels, de l’environnement…

Le fonds Innovalto 2017-2018 devrait également être commercialisé sur deux années, comme ce fut le cas pour le FCPI ISF Fortune Europe 2016-2017, dont la collecte vient de s’achever à plus de 70 millions d’euros.

PCGP : Quels résultats affichez-vous pour vos fonds fiscaux ?

A. V. : Actuellement, sept fonds sont remboursés et sept sont en phase de remboursement. Au total, 234 millions d’euros ont été reversés aux investisseurs, ce qui nous permet d’autoalimenter notre collecte. Ainsi, notre écosystème fonctionne bien.

E. D. S. : Quatre des sept fonds remboursés l’ont été avec une plus-value, avant d’y intégrer le bénéfice de l’avantage fiscal (entre + 4,4 % et + 53,2 %) et deux avec moins-value (entre - 5,33 % et - 8,51 %). Lorsque ce dernier est compris, l'évolution est positive, mais selon nous, dans tous les cas, nos fonds doivent avant tout être considérés comme permettant la diversification d’un patrimoine. L’avantage fiscal n’est en effet qu’une cerise sur le gâteau.

S’agissant des fonds non encore remboursés, au 31 décembre dernier, les deux tiers des fonds évoluent dans le vert avant avantage fiscal. Le résultat ne s’appréciera réellement qu’au remboursement final du fonds.

PCGP : La transformation de l’ISF en IFI ne vous inquiète-t-elle pas ?

A. V. : Au contraire ! En réduisant l’assiette, les besoins de défiscalisation deviennent inférieurs et il sera plus naturel d’investir dans nos fonds plutôt que dans des solutions complexes. La collecte pourrait augmenter : en effet, les « petits ISF », c’est-à-dire les personnes ayant un patrimoine immobilier sans forcément détenir beaucoup d’actifs financiers, auront toujours besoin de défiscaliser ; tandis que l’assiette des  ISF plus importants, dont le patrimoine financier est souvent proportionnellement plus important, auront des besoins de défiscalisation moindre, d’où la possibilité de recourir à des fonds fiscaux, comme les nôtres et dont la souscription est assez simple, pour ajuster leur défiscalisation.

PCGP : Un mot sur le FCP Nova Europe ?

E. D. S. : Il s’agit d’un fonds de conviction sur les Small Caps européennes (à partir de 150 millions d’euros de capitalisation, pour une capitalisation médiane d’environ 500 millions d’euros) et concentré sur une quarantaine de lignes lesquelles dépassent rarement 3,5 % du portefeuille. Eligible au PEA-PME/ETI, ce fonds permet d’investir sur le long terme sur des titres qui n’entrent pas dans les radars de la plupart des gérants européens.

Notre dimension européenne permet de réduire notre volatilité, d’élargir nos sources de performance et d’offrir une meilleure diversification du portefeuille. En effet, si l’an passé le secteur des Small caps françaises a bien performé par rapport à d’autres pays européens – ce qui nous a pénalisé puisque nous sommes investis à plus de 50 % en dehors de l’Hexagone –, depuis le début de l’année, les marchés des autres pays ont une meilleure dynamique, l’Italie en particulier, ce qui là nous favorise. Pour assurer une bonne communication avec les entreprises, notre équipe est polyglotte.

Dans Nova Europe, on retrouve également les plus belles histoires de nos FCPI, pour environ un tiers du portefeuille. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles nous avons lancé le fonds.

A. V. : La collecte du fonds a bien progressé puisqu’il est passé de 6 millions d’encours en septembre 2016 à 18 millions à fin juin. Nous visons les 50 millions d’encours d’ici la fin de l’année. Cette collecte est portée par un meilleur référencement avec notamment son intégration aux contrats de Cardif récemment, mais aussi par le fait qu’il ait désormais trois ans et qu’il soit noté 5 étoiles par Morningstar.

 

  • Mise à jour le : 28/07/2017

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