Pourquoi investir au travers du PEA

Par : edicom

Par Alban de la Raitrie, gérant privé à la Financière d’Uzès

Dans le contexte économique et politique actuel, le PEA fait de plus en plus d’adeptes, notamment auprès des jeunes épargnants. Une fiscalité attractive, la possibilité d’investir dans une grande variété d’actifs, y compris internationaux, mais aussi la nécessité de se constituer un complément de revenus pour la retraite sont les avantages recherchés.

Selon les derniers chiffres publiés par la Banque de France, les encours du PEA s’élevaient, fin 2024, à 114 milliards d’euros et les encours du PEA-PME à 2,9 milliards d’euros. Des chiffres en progression qui démontrent un intérêt certain pour ce véhicule d’investissement, mais qui restent cependant bien en deçà des encours de l’assurance-vie. En effet, d’après l’association France assureurs, à fin janvier 2025, l’encours de l’assurance-vie s’établissait à 2 020 milliards d’euros, soit un encours plus de dix-sept fois supérieur à celui du PEA.

Pour autant, le plan d’épargne en actions est, comme l’assurance-vie et le PER, un véhicule d’investissement parfaitement adapté à la préparation financière de sa retraite. La meilleure stratégie patrimoniale consiste donc à intégrer dans un patrimoine ces dispositifs ayant chacun leurs atouts et étant complémentaires les uns des autres.

Le PEA peut comprendre une grande variété d’actifs : actions internationales et Private Equity !

Le plan d’épargne en actions, qui peut prendre soit la forme d’un PEA bancaire (avec l’acquisition en direct de titres) ou d’un PEA assurance (avec la souscription d’unités de comptes respectant l’éligibilité au PEA), soit la forme d’un PEA-PME (investi dans des PME et des ETI européennes), permet d’investir dans une grande variété de supports et de s’exposer même aux marchés internationaux.

Et non, le PEA n’est pas réservé à l’achat en direct de seules actions européennes ! En effet, pour être éligibles, les actions de sociétés doivent « posséder leur siège dans l’Union européenne ou dans un Etat de l’Espace économique européen et être soumises à l’impôt sur les sociétés ». La place de cotation n’entre pas en compte.

Par ailleurs, l’achat de parts de placements collectifs (OPCVM : Sicav et FCP) permet aussi de s’internationaliser, car celles-ci doivent détenir au moins 75 % en actions et titres éligibles et donc 25 % peuvent être investis dans d’autres zones géographiques. Il est également possible de s’exposer à l’international par le biais des Exchange-Traded Funds (ETF) qui répliquent des indices boursiers américains ou asiatiques, par exemple, et qui restent éligibles au PEA. Cette diversification géographique permet ainsi de bénéficier de l’évolution des marchés internationaux, même au sein du PEA.

Enfin, investir dans du Private Equity au sein de son PEA est également intéressant : en effet les titres éligibles à ce plan peuvent être cotés ou non cotés. Souvent, les détenteurs d’un PEA utilisent ce véhicule d’investissement comme réceptacle pour soutenir la création ou le développement de la société d’un proche. A noter ! Si le plafond des versements est limité à 150 000 euros pour un PEA et à 225 000 euros pour un PEA-PME (sous réserve que le cumul d’un PEA classique et d’un PEA-PME n’excède pas les 225 000 euros), certains PEA, notamment investis dans le Private Equity, peuvent atteindre plusieurs millions d’euros, à la suite de la cession de parts d’entreprises ou grâce aux plus-values réalisées.

La grande variété de sociétés éligibles (valeurs de croissance, actions à forts dividendes, secteur d’avenir, small caps, ETF, non-coté) permet ainsi de proposer une allocation d’actifs diversifiée plus précise et de conjuguer plusieurs stratégies pour profiter des opportunités de marchés.

Le contexte économique et politique est également propice à ce véhicule d’investissement. Le réarmement progressif de l’Europe devrait ainsi voir émerger de nouvelles opportunités d’investissement, notamment dans le secteur de la défense et des nouvelles technologies.

De même, la mise en place du plan de relance allemand visant à renforcer ses infrastructures et ses capacités de défense devrait permettre également de faire émerger de nouvelles entreprises.

Préparer sa retraite

Sous-utilisé dans cet objectif, le PEA permet également de se constituer un complément de revenus à la retraite. Contrairement à l’assurance-vie, il ne présente aucun avantage successoral. Il est donc recommandé, en cas de besoins de compléments de revenus ou pour faire face à un coup dur, de privilégier les retraits sur le PEA plutôt que sur l’assurance-vie. Etant investi majoritairement en actions, les actifs sont liquides et peuvent être récupérés très rapidement, sous réserve de détenir ce plan depuis au moins cinq ans pour optimiser sa fiscalité.

Ainsi, selon l’âge du souscripteur, celui-ci pourra être investi, au début, en actions ou dans des actifs plus risqués (notamment non cotés) pour, au fil du temps, aller vers une allocation plus sécurisée. Le PEA est ainsi particulièrement adapté à une stratégie de capitalisation progressive : programmation de versements réguliers, réinvestissement automatique des gains dans l’objectif de lisser les points d’entrée et de se construire un capital sur le long terme.

L’investissement en actions présentant un risque en capital, il est recommandé de sécuriser son capital à l’approche de la retraite. L’investisseur pourra alors sélectionner des actions à forts dividendes, puis à quelques années de l’échéance, le choix sera fait d’investir dans des Sicav « monétaires éligibles au PEA », afin d’éviter les aléas boursiers et financiers et procéder ainsi à la distribution de revenus.

Cette réserve financière pourra donc être destinée à compléter sa retraite, par le biais de retraits partiels programmés ou ponctuels, après les cinq ans de détention du plan, bénéficiant de sorties peu fiscalisées. Et, c’est donc là que réside également son principal atout, comparé à d’autres véhicules d’investissement.

Une fiscalité attractive

Depuis la mise en vigueur de la loi Pacte, les gains (plus-values et dividendes) sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu à partir de cinq ans de détention. Seuls les prélèvements sociaux sont dus, à la sortie. Un avantage non négligeable, car tout au long de la durée de vie du plan, il est possible de procéder à des arbitrages, sans subir l’impôt sur le revenu. Le capital peut alors progressivement se développer au gré des cycles de marchés, et les gains peuvent être intégralement réinvestis, augmentant ainsi le montant du capital investi à chaque fois (les intérêts cumulés).

Si, avant cinq ans, le retrait entraîne la clôture du plan et l’imposition des gains au prélèvement forfaitaire unique (PFU), au-delà de cette période, il est possible de procéder à des rachats partiels ou à des versements, de le gérer activement pour aller chercher plus de performances ou de sécuriser progressivement le portefeuille en fonction de l’âge du souscripteur ou de ses changements d’objectifs patrimoniaux.

Dans le cadre de l’élaboration d’une stratégie patrimoniale, l’intégration du PEA répond ainsi à plusieurs objectifs, comme l’optimisation de la fiscalité des revenus financiers, une importante diversification limitant ainsi les risques au sein même de cette enveloppe particulièrement dynamique, et la constitution d’un capital sur le long terme destiné à la préparation de la retraite ou au financement de projets futurs. Il peut ainsi être combiné à l’assurance-vie et au plan d’épargne-retraite, et est particulièrement intéressant pour les ménages fortement fiscalisés.

Privilégier la gestion sous mandat

Le plan d’épargne en actions permet ainsi de répondre simultanément à des objectifs de diversification, de performance et d’optimisation fiscale. Gérer activement, il constitue l’un des placements les plus dynamiques pour profiter des marchés actions qui, statistiquement, sont très performants sur le long terme, mais qui restent réservés à des investisseurs formés et aguerris qui acceptent un risque important de perte en capital.

Il est également possible d’en confier la gestion à un professionnel des marchés financiers via un mandat de gestion. Un professionnel qui sélectionnera les meilleures opportunités et fera les arbitrages nécessaires au quotidien.

En conclusion, au regard des conditions économiques et de ses caractéristiques, ce véhicule d’investissement mérite encore plus sa place dans le cadre d’une stratégie patrimoniale.

  • Mise à jour le : 03/06/2026

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