Près de trois Français sur dix prêts à investir dans la défense

Par : edicom

Le « Baromètre de l’épargne en France et en régions », réalisé par Ifop pour Altaprofits mesure l’évolution des comportements d’épargne des Français, à travers le temps, avec un approfondissement spécifique du sujet du financement de la retraite. La 7e édition s’inscrit dans un contexte particulièrement chahuté : instabilité politique sur fond de fortes contraintes budgétaires en France, climat d’incertitude mondiale liée aux tensions géopolitiques et à la guerre commerciale lancée par le président Trump depuis janvier, avec son apogée le 2 avril.

Comportement d’épargne

En termes de placement d’argent et de fréquence, de type de produits d’épargne et de placements privilégiés : 83 % de Français déclarent placer de l’argent sur leurs produits d’épargne (+ 3 points versus 2024), 65 % le font au moins une fois tous les six mois (stable versus 2024), dont 36 % au moins une fois par mois (stable versus 2024) quand 13 % indiquent ne « jamais » épargner (en augmentation de + 8 points par rapport à 2024, probablement en lien avec le contexte économique perçu comme plus difficile à travers les différentes enquêtes Ifop du moment).

Parmi ceux ayant déclaré posséder au moins un produit d’épargne (96 % de l’échantillon) :

- la frilosité à l’égard des placements à risque constitue toujours un invariant, tandis que l’intérêt pour l’épargne responsable faiblit ;

- deux placements continuent de dominer largement le comportement d’épargne : les livrets réglementés (Livret A, LDDS, PEL, …) pour 75 % des épargnants (- 6 points par rapport à 2024) et, dans une moindre mesure, un contrat d’assurance-vie ou de capitalisation pour 24 % (- 5 points par rapport à 2024). 12 % font le choix d’épargner dans un PEA, 12 % également dans un PER, 3 % dans des SCPI (d’une année sur l’autre, ces taux sont stables).

Sur la retraite

Les actifs sont de plus en plus pessimistes quant à leur niveau de vie à la retraite (72 %, + 3 points en 5 mois), leur confiance envers le système de retraite par répartition actuel s’érode (28 %, - 11 points en 5 mois). Moins de trois actifs sur dix envisagent le système de retraite par répartition comme seule source de revenus. 53 % ont l’intention de se tourner vers le PER, 19 % d’entre eux y ont déjà souscrit (+ 5 points versus avril 2024).

Financement de la défense nationale

Suite aux décisions de l’Europe quant à son besoin de retrouver son indépendance en matière de défense, l’État français a annoncé en mars le projet de création d’un fonds de capital-investissement dédié au financement de l’économie de défense nationale. Après rappel du projet, trois questions spécifiques sur ce sujet d’actualité ont été introduites dans le questionnaire de ce sondage 2025.

Les résultats révèlent que près de trois Français sur dix sont prêts à investir une partie de leurs économies dans des fonds d’investissement ou des produits d’épargne destinés au financement de la défense nationale (29 % dont 5 % « certainement »). On retrouve parmi les plus enclins à investir les hommes (36 %), les 18-24 ans (37 %), les cadres (46 %), les CSP+ (36 %), les diplômés du supérieur (46 %).

Pour 35 % d’entre eux, il s’agit avant tout d’un engagement citoyen, estimant qu’il est de leur devoir de contribuer à l’effort de défense nationale. Également, environ deux répondants sur dix mentionnent un sentiment d’inquiétude face au contexte international, qui les pousserait à agir à leur échelle pour la sécurité du pays (22 %), tandis qu’une proportion similaire est attirée par le rendement potentiellement attractif (21 %) et exprime le désir de soutenir PME et les ETI françaises du secteur de la défense, notamment dans leurs activités de développement, de production et d’innovation (18 %). 4 % ne mentionnent aucune raison particulière.

À l’inverse, parmi les 71 % de Français qui sont plutôt réfractaires à investir dans des fonds d’investissement ou des produits d’épargne dédiés à la défense nationale, près d’un quart (24 %) considèrent avant tout ce financement comme une prérogative devant relever exclusivement de l’État et des impôts. Plus d’un répondant sur dix expriment également des craintes liées aux risques financiers que pourraient représenter ces placements (18 %), tandis que 14 % valorisent l’idée selon laquelle financer l’économie de la défense irait à l’encontre de leurs principes éthiques, 12 % que cela ne correspond pas à leurs attentes et à leurs besoins en matière d’épargne, en raison d’une durée de placement trop longue ou d’un montant d’investissement initial trop élevé.

En mineur, moins d’1 répondant sur 10 se montre sceptique quant au rendement de cet investissement, estime ne pas avoir les moyens d’investir dans ces fonds ou encore que le financement de la défense n’est pas compatible avec le financement d’une politique ESG. 3 % mentionnent enfin une autre raison tandis que 13 % n’en citent aucune.

Méthodologie : Le « Baromètre 2025 de l’Épargne en France et en régions » a été réalisé par Ifop du 31 mars au 11 avril 2025, auprès d’un échantillon de 2 401 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, et constitué selon la méthode des quotas. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne.

  • Mise à jour le : 07/06/2026

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