SCPI : « les rendements devraient dépasser les 4 % en 2020 »

Par : Elisa Nolet

MeilleureSCPI.com a présenté son analyse du marché des SCPI de rendement au premier semestre 2020. Un tableau rassurant, avec une collecte de 3,42 Md€ portant la capitalisation à plus de 65 Md€, et un TDVM moyen sur un an glissant de 4,14 % au 30 juin. Un taux tout à fait acceptable dans le contexte actuel…

Très attendus dans le contexte conjoncturel actuel, les résultats des SCPI au premier semestre 2020 s’avèrent particulièrement encourageants. 

Un attrait confirmé au S1 2020

Premier point notable : un niveau de revente au printemps 2020 quasiment équivalent à celui du printemps 2019, malgré la situation anxiogène de la crise sanitaire. « Nous ne croyons donc pas du tout à la fin des SCPI », confie Jonathan Dhiver, fondateur de MeilleureSCPI.com. Et pour cause ! Les 95 véhicules de rendement analysés (sur 99 recensés) comptent +10 % d’associés entre fin juin 2019 et fin juin 2020. Le capital moyen par associé s’élève à 75 000 € (entre 40 000 € et 50 000 € s’agissant des particuliers), un chiffre en progression. 

La collecte globale atteint 3,42 Md€ au premier semestre 2020, soit 40 % de la collecte globale de l’an dernier. Un chiffre donc très positif. Il porte la capitalisation des SCPI de rendement à 65,04 Md€ à la fin du premier semestre 2020 (+15 % sur un an glissant). Au classement des sociétés de gestion, La Française REM occupe la première place du podium en termes de capitalisation, suivie d’Amundi Immobilier, Primonial REIM, BNP Paribas REIM et Sofidy.

Le paysage de la pierre-papier a beaucoup évolué en cinq ans, avec des véhicules toujours plus nombreux et une plus grande diversification de l’offre. Le marché compte aujourd’hui un tiers de SCPI diversifiées. « Beaucoup d’épargnants veulent investir dans une typologie particulière, par exemple la santé avec Primovie ou Foncière des praticiens, constate Jonathan Dhiver. Attention toutefois, ces véhicules sont mécaniquement plus exposés au risque. Les SCPI spécialisées ne sont pas forcément la panacée, à l’instar de l’hôtellerie qui vit une année 2020 compliquée. Nous conseillons de rester prudent et de composer un portefeuille diversifié. Celui qui n’aura mis que 5 % d’hôtellerie dans son portefeuille cette année sera peu impacté. »

Bonne résistance des performances

Le TOF termine le deuxième trimestre 2020 à 90,27 %, en légère baisse par rapport au trimestre précédent. Sur ce point, les SCPI diversifiées devancent cette fois-ci les SCPI de commerce.

Quant à la performance 2019, elle s’établit à 5,65 % (TDVM + VPM). Au deuxième trimestre 2020, le TDVM atteint 4,14 % en moyenne sur un an glissant, un résultat tout à fait honorable vu le contexte. A noter que les SCPI des sociétés de gestion indépendantes enregistrent une meilleure performance et un meilleur TOF que les SCPI rattachées à un groupe bancaire.

Volume d’investissements significativement haut

Les investissements ont représenté 1,66 Md€ au deuxième trimestre 2020 (2,87 Md€ sur l’ensemble du premier semestre). Face à une collecte moins importante qu’à la même période l’an dernier, il s’agit là d’une excellente performance, 

à un volume significativement haut. Preuve que les gérants ont poursuivi leurs acquisitions, malgré la situation sanitaire et les contraintes liées au confinement.

L’analyse de la cohérence collecte/investissement effectuée par MeilleureSCPI.com montre un léger surinvestissement au premier semestre 2020, c’est-à-dire un investissement quelque peu en avance sur la collecte (-0,33%). « La tendance est très positive, la collecte n’est pas en train de dormir », soulignent les experts de MeilleureSCPI.com. Depuis le début de l’année, elle a été investie pour 40 % à l’étranger (un chiffre en progression), 15 % en région, 30 %  en Ile-de-France et 15 %  à Paris. 

Objectif : un rendement supérieur à 4 % pour 2020

Même avec une baisse des acomptes au premier semestre, et sans faire appel au report à nouveau, les gérants de SCPI anticipent une logique d’ajustement au dernier trimestre qui devrait permettre de conclure l’année au-delà de 4 % de rendement. En cas de besoin, ils piocheront dans le report à nouveau pour tenir cet objectif. Nous sommes donc loin des business plan pessimistes qui avaient été faits pendant le confinement. Mais la prudence s’impose toutefois. « Nous sommes actuellement dans l’œil du cyclone, prévient Jonathan Dhiver. Les bilans de fin d’année de certaines sociétés seront catastrophiques. Puis en mai 2021, il faudra rembourser les prêts octroyés par l’Etat… Mais il y a heureusement de bonnes nouvelles ! L’indice de l’innovation vient d’être publié et place la France en 12e position des pays les plus innovants du monde. C’est le résultat des politiques menées sur les deux ou trois derniers quinquennats. Paris s’affiche comme un pôle d’innovation très fort. Il s’agit là de petites lumières qu’il est important de mettre en avant ! »

20 SCPI en lice pour le label ISR

L’univers des SCPI a lui aussi son actualité, avec la création du label ISR en juillet dernier. Vingt SCPI sont actuellement dans une démarche ISR selon les déclarations de leurs gérants, principalement des SCPI de bureaux (79 % du patrimoine des SCPI à logique ISR). Un tiers du marché va donc labéliser ses SCPI dans les 12 à 24 mois. « Même si ce label ISR n’est pas la panacée, il offre une orientation et une bonne grille de lecture pour l’épargnant en quête de fonds répondant à une certaine éthique, indique Jonathan Dhiver. Les SCPI sont des prestataires au service des épargnants. Les gérants doivent donc accompagner au mieux leurs locataires. Ce sont là des sujets sociétaux extrêmement importants… » 

 

  • Mise à jour le : 04/09/2020

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