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  Connaissances financières : les Françaises bonnes dernières de la classe

Par : edicom

Face à un triple défi financier, les Françaises n’ont pas le droit à l’erreur. En matière de connaissances financières, les Françaises sont les moins bien loties en Europe. Parce qu’elles ont une plus grande espérance de vie et des revenus plus faibles, le bien-être financier des femmes est compromis ; hommes et femmes doivent pourtant surmonter leur réticence à investir. Les prestataires de services financiers, les organismes de réglementation et les institutions publiques doivent prendre des mesures pour accroître le niveau de culture financière en France.

Les Françaises se trouvent dans une situation particulièrement délicate en termes de culture financière et de culture du risque. Elles ne sont pas seulement victimes de disparités entre les deux sexes : leurs connaissances financières sont également inférieures à celles des hommes français. En Europe, la France est le pays où le niveau de connaissances financières est le plus bas, comme le montre la dernière étude du groupe Allianz, et il devient donc de plus en plus urgent que les Françaises acquièrent une plus grande culture financière.

Seules 5 % des Françaises sont à même de répondre à cinq questions élémentaires en rapport avec la culture financière et la culture du risque, comme l’indique l’étude Allianz « Argent, culture financière et risques à l’ère digitale ».

« Les femmes doivent faire face à un triple défi : une culture financière insuffisante, une espérance de vie plus longue et de plus faibles revenus, explique Ludovic Subran, directeur de la recherche du groupe Allianz. Les femmes doivent donc faire les bons choix et les Françaises n’ont pas le droit à l’erreur. »  

Les hommes français sont à peine mieux lotis. Seuls 10 % d’entre eux ont répondu correctement aux questions conçues par le groupe Allianz en collaboration avec le professeur Annamaria Lusardi (de l’université George-Washington). Les Français plus âgés possèdent une culture financière légèrement plus développée que les plus jeunes.

Chez les hommes comme chez les femmes, on observe un degré de compréhension particulièrement bas en ce qui concerne les concepts de risque et de rendement (30 % de bonnes réponses pour cette question) et de diversification (44 %). Les notions d’inflation (57 %) et de taux d’intérêt (73 %) sont mieux comprises.

Les hommes pas mieux lotis

La question de l’épargne est d’autant plus délicate que les Français, hommes et femmes confondus, se montrent particulièrement hésitants à se lancer sur les marchés financiers ou dans des opérations financières – alors même que leur perception des risques financiers n’est pas sensiblement différente de celles des autres Européens.

« Placer son épargne sur les marchés financiers comporte de nombreux risques mais le plus grand risque est de ne rien faire, surtout dans l’actuel contexte de rendements faibles alors que l’inflation repart et risque de rogner le pouvoir d’achat », déclare Ludovic Subran.

Cette tendance spécifiquement française peut être rapprochée de la méfiance supérieure à la moyenne des citoyens de l’hexagone envers les institutions, y compris les banques et les compagnies d’assurance. Invitées à évaluer leur degré de confiance à l’égard des banques et des assureurs sur une échelle allant d’une « absence totale de confiance » à une « extrême confiance », 40 % des personnes interrogées déclarent ne leur en accorder aucune. Dans aucun autre des dix pays concernés par l’étude, le niveau de méfiance à l’égard de ces institutions ou d’autres (telles que le gouvernement, le parlement, les tribunaux ou la banque centrale) n’est plus élevé qu’en France.

Mais tout n’est pas perdu

Les niveaux de culture financière et de culture du risque peuvent et doivent être relevés. « Le secteur financier doit assurément accroître la confiance que les citoyens lui accordent. Mais nous devons également, en concertation avec les organismes de surveillance et les instances gouvernementales, redoubler nos efforts de pédagogie financière en ciblant spécifiquement la gente féminine » affirme Ludovic Subran. Il appartiendra tout de même à chacun de chercher plus activement à se procurer des informations financières de manière autonome.

L’enquête a été menée dans les pays suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Suisse. L’Autriche et l’Allemagne se situent tout en haut du classement avec respectivement 18 % et 17 % de personnes interrogées possédant une culture financière. La France arrive bonne dernière avec un peu moins de 7 % des personnes interrogées possédant une culture financière, derrière le Portugal (7 %) et l’Italie (9 %).

Conformément à la définition communément admise dans les milieux universitaires, Allianz a considéré que les personnes capables de répondre correctement à l’ensemble des cinq questions étaient financièrement cultivées.

Allianz a conduit l’étude en novembre 2016 sur un échantillon de 1 000 personnes dans chaque pays européen étudié.

  • Mise à jour le : 09/03/2017

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