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  Les marchés de l’emploi en assurance, banque et immobilier

Par : edicom

Etudes réalisées par Page Group

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Les secteurs de l’assurance et de la banque connaissent des mutations profondes. Si les fonctions commerciales ont toujours le vent en poupe, de nouveaux métiers sont très recherchés en raison de la nécessité pour ces acteurs de s’adapter aux évolutions de leur environnement, en particulier au niveau réglementaire et des nouvelles technologies. En revanche, le marché immobilier répond lui à une dynamique plus spécifique. Le cabinet de recrutement Page Group nous présente ses constats sur ces trois marchés.

Page Group a mené des études sectorielles sur toute une série de secteurs d’activités. L’immobilier, la banque et l’assurance demeurent d’importants secteurs d’embauche. Mais les besoins évoluent.

Le marché de l’assurance

Toujours dynamique, le secteur de l’assureur recrute notamment au niveau commercial, mais également sur des fonctions techniques. L’arrivée du Big Data dans le secteur amorce la création de nouvelles demandes.

Retraites et digitalisation

En 2016, le secteur de l’assurance a conservé un volume de recrutements constant (13 000 embauches). Deux phénomènes principaux expliquent cette tendance : le nombre important de départs à la retraite et le phénomène de digitalisation du secteur. En effet, avec l’exploitation massive des données, les acteurs du marché de l’assurance peuvent maintenant offrir des produits et des services de plus en plus ciblés à leurs clients, leur proposer un accompagnement personnalisé pour mieux les fidéliser et ainsi conquérir de nouvelles parts de marché. La relation client revient au cœur de l’activité. On constate d’importants recrutements de profils de commerciaux et de gestionnaires de contrat. Ces deux familles de métiers représentent plus de 60 % des embauches en 2016. Un phénomène qui s’amplifie avec la mise en place récente de deux nouvelles réglementations. Depuis le 1er janvier 2016, les entreprises ont pour obligation de fournir à tous leurs employés une complémentaire santé (l’ANI), un véritable marché de chasse pour les commerciaux. Les gestionnaires, quant à eux, bénéficient d’une autre réglementation (loi Eckert) qui oblige les sociétés d’assurances à retrouver les bénéficiaires de contrats de vie en déshérence.

D’autres profils devraient cependant aussi avoir les faveurs des recruteurs : les actuaires et les spécialistes du Big Data. Si pour les premiers, cette tendance se confirme depuis déjà quelque temps, pour les seconds, c’est un début plus que prometteur. En effet, le Big Data est le sujet phare de cette année et un enjeu crucial pour les sociétés d’assurances dans les années à venir car elles ont maintenant accès à un nombre important de données sur leurs clients qu’il est stratégique d’analyser et d’exploiter. Dans un environnement conservateur et protégé par une forte réglementation (Solvency II), les AssurTechs changent les règles du jeu. A la différence des banques, ces start-up sont plutôt des facilitateurs qui permettent aux assureurs de se positionner sur de nouveaux marchés.

L’enjeu est de taille car il repose sur la maîtrise de ces nouvelles technologies pour prendre en compte les changements de mode de consommation et adapter rapidement les offres. En pleine transformation, les acteurs du secteur devront relever des défis conjoncturels et technologiques afin de pérenniser un modèle économique efficace.

Zoom sur trois métiers
Conseiller mutualiste

Depuis la mise en place de l’accord national interprofessionnel (ANI) au 1er janvier 2016, chaque employeur est dans l’obligation de proposer une complémentaire santé à ses salariés. Face à un marché toujours plus concurrentiel, l’ensemble des acteurs (mutuelles, banques, compagnies, courtiers, instituts de prévoyance) se doit de proposer des produits similaires à des tarifs équivalents. Premier lien des futurs adhérents, le conseiller mutualiste devient donc un atout clé dans la conquête de nouvelles parts de marché pour les mutuelles. A ce titre, ses principales responsabilités sont l’analyse du dossier de ses interlocuteurs et l’élaboration des devis/contrats adaptés et sur mesure.

De formation supérieure de type Bac+2 (BTS ou DUT), une première expérience dans le secteur de l’assurance est souhaitée. Le métier de conseiller mutualiste est en plein essor et les perspectives de carrière sont multiples, tant sur des fonctions commerciales que techniques.

Comptable technique assurance

Dans un environnement comptable de plus en plus normé, le secteur de l’assurance s’est renforcé notamment avec la loi de sécurité financière (LSF). Le poste de comptable technique assurance est devenu un poste stratégique pour garantir la fiabilité des informations financières délivrées auprès des instances de contrôle. C’est un métier technique en pleine pénurie de candidats. Ses principales missions sont la participation à la liasse de consolidation ; le traitement des opérations de reporting suivant les normes IAS-IFRS ; la justification des comptes auxiliaires ; et la prise en charge de la comptabilisation du contrôle du déversement.

De formation supérieure en comptabilité finance ou contrôle de gestion de type Bac+5, le comptable technique assurance possède au moins trois ans d’expérience et sera très sollicité sur le marché au vu de la pénurie des candidats sur ce métier.

Risk manager

Quasiment inexistante il y a une vingtaine d’années, la profession de risk manager existe aujourd’hui dans toutes les compagnies. En effet, l’apparition et la multiplication de nouveaux risques comme les risques environnementaux, les cyber-risques, la RCMS (responsabilité des dirigeants), ou encore les risques liés au terrorisme nécessitent des besoins d’évaluations et d’études poussées adaptées à chaque cas de figure.

A ce titre, ses principales missions sont d’identifier, de lister et de quantifier la totalité des risques inhérents à une activité ; de réaliser les meilleures tarifications et modélisations financières pour ses clients (grandes entreprises).

De formation initiale soit technique (école d’ingénieurs), soit commerciale (école de commerce ou troisième cycle spécialisé), soit juridique (master en droit des assurances), ce spécialiste a développé de solides compétences en gestion des risques pour accéder à ce poste.

Les salaires pratiqués dans le secteur de l’assurance selon l’expérience

 

Le secteur bancaire

Moins recruteur que les assureurs, mais toujours très important, le secteur bancaire doit faire face à de nouveaux défis (réglementation, émergence des FinTechs, baisse des taux…) et pour cela embaucher des profils nouveaux.

En pleine mutation

Le secteur bancaire demeure indubitablement un recruteur important en France, malgré la baisse des effectifs qui sévit depuis la crise financière et une volonté de réduction des coûts clairement affichée.

Avec une projection de plus de 10 000 recrutements en CDI en 2017, il reste le premier employeur privé en France. Si plus de la moitié des recrutements concerne les commerciaux, ce secteur est également à la recherche de nouveaux profils.

En effet, les établissements bancaires doivent faire face à de nombreuses mutations liées tant à l’évolution des pratiques de leurs clients qu’aux nouvelles réglementations. Le secteur de la banque s’approprie donc ces nouveaux modes de consommation pour se réinventer et proposer des services toujours plus innovants et personnalisés à ses clients.

Il se dote également de nouvelles compétences pour préparer efficacement sa transition numérique, concurrencer ainsi les nouveaux acteurs disruptifs (FinTechs, géants du Net, etc.) et être en conformité avec les autorités de tutelle. La désormais « fameuse » blockchain a notamment été adoptée par les banques pour sécuriser les paiements à distance et éviter le hacking. Elle bouscule les codes du secteur bancaire en proposant un système décentralisé.

Mises également en difficulté par la baisse des taux de rendement, les banques françaises se trouvent à un moment charnière de leur histoire. Les banques de financement et d’investissement connaissent, quant à elles, un léger regain après des années noires. Elles effectuent quelques recrutements ponctuels et spécifiques sur le front-office mais leurs marges et leur rentabilité s’amenuisent, alors que leurs obligations prudentielles se multiplient. Elles n’ont d’autre choix que de poursuivre leur restructuration en se dotant de profils transverses en lien avec la compliance.

Le secteur de la gestion d’actifs semble quant à lui poursuivre sa reprise. La tendance amorcée depuis deux ans se confirme avec une hausse des recrutements côté fonctions commerciales et supports mais également côté gestion. Face à l’actualité récente (Brexit), les acteurs financiers restent attentifs et font preuve de prudence. Mais loin de subir cette conjoncture, ces derniers amorcent une nouvelle transition pour mieux redistribuer les cartes.

Focus métiers
Gestionnaire KYC (Know your Client)

Sous l’impulsion du droit international et afin de répondre aux exigences de l’AMF, les établissements bancaires se sont dotés de services en charge du suivi de la conformité de leurs clients et des transactions effectuées.

Pour cela, les missions du gestionnaire KYC couvrent :

- l’étude de la complétude et de la conformité des dossiers clients : origine et traçabilité des fonds ;

- l’identification des tentatives de fraudes, de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme au sein des établissements bancaires ;

- la production de reporting et de synthèse de données.

Si aujourd’hui peu de formations existent dans le domaine de la conformité, il est toutefois recommandé de suivre les filières qui offrent une spécialisation risques, conformité et sécurité financière. Ce poste requiert en effet des connaissances multidisciplinaires : bancaires, financières et juridiques. Les profils bancaires comme les gestionnaires back-middle office ou les profils juridiques sont fortement appréciés.

Comptable reporting SURFI

Suite aux crises bancaires et financières, le besoin de transparence et d’un nouveau cadre réglementaire s’est vu renforcé. Afin d’harmoniser le système unifié de reporting financier (SURFI) au niveau européen, les établissements bancaires communiquent les états réglementaires à l’ACPR.

A ce titre, les banques recherchent des profils comptables reporting réglementaires. Ses responsabilités couvrent :

- la production des déclarations fiscales et des états réglementaires des entités du groupe ;

- l’établissement des états statistiques Banque de France ;

- la supervision de l’application des normes comptables : SURFI, COREP. De formation supérieure en comptabilité et gestion (de type Bac +2 ou DCG), le comptable reporting SURFI possède idéalement une expérience de trois ans minimum sur le même type de fonction. La maîtrise de l’anglais est un véritable atout différenciant.

Gérant privé

Le poste de gérant privé est en plein essor. S’il demeure un collaborateur clé au sein des banques privées, ce référent s’exporte dans les sociétés de gestion. Les clients s’adressent aujourd’hui à des spécialistes des marchés et des fonds, qui gèrent à la fois la relation client et la stratégie de gestion.

Le gérant privé a pour rôle principal :

- l’analyse des données économiques et de marché pour définir la stratégie d’investissement de la société ;

- la prospection commerciale et la vente de la stratégie d’investissement auprès de nouveaux clients afin d’augmenter les actifs sous gestion ;

- la gestion quotidienne de la relation client et la réalisation de la stratégie d’investissement choisie ;

- la gestion de la documentation KYC.

De formation supérieure en finance, ce spécialiste justifie d’une expérience réussie sur les marchés (analyste, chargé d’affaires, ingénieur patrimonial…) d’au moins cinq années pour accéder à ce type de poste.

Les salaires pratiqués dans le secteur de la banque selon l’expérience

 

Immobilier et maîtrise d’ouvrage

En reprise

De manière générale, l’emploi dans le secteur immobilier montre des signes encourageants, liés essentiellement à la reprise de la promotion immobilière, et se traduisant par une hausse des programmes de logements collectifs en cours de développement et de commercialisation. Les acquisitions en VEFA des bailleurs sociaux contribuaient jusqu’ici significativement à porter le marché.

L’amélioration de l’offre de crédit (élargissement du PTZ, taux toujours aussi bas) a constitué un accélérateur puissant. Sur la période 2015-2016, les crédits accordés aux ménages ont effectivement augmenté de 35 % sur le seul segment du neuf (source FFB).

Plus stable, le marché du logement social représente toujours une source d’emplois variés relativement volumique, ce qui est valable pour des fonctions de proximité, mais également pour les postes d’encadrement.

Côté immobilier d’entreprise, on peut distinguer le secteur logistique qui bénéficie de la numérisation de l’économie ; celle-ci nécessitant la construction de nouvelles plates-formes de stockage et de tri. On sera par ailleurs attentif à l’évolution de l’hôtellerie qui, après avoir connu une forte hausse ces dernières années (investissements en hausse de 65 % de 2014 à 2015) connaît un contexte plus incertain.

En dépit de quelques disparités régionales, on assiste à nouveau à des créations de postes, notamment en développement/investissement et commercialisation, mais également en montage et suivi de travaux.

Trois métiers à la loupe
Attaché de clientèle VEFA

L’attaché de clientèle prend en charge les acquéreurs de biens en VEFA de la signature du compromis jusqu’à la livraison en réalisant un suivi pendant la phase d’exécution du chantier. Ses principales missions sont :

- gérer les travaux modificatifs acquéreurs ;

- assurer les visites cloisons ;

- gérer les levées de réserves jusqu’à la livraison ;

- gérer chez certains promoteurs la partie SAV.

Aujourd’hui, deux typologies de profils intéressent particulièrement les entreprises : soit un assistant de programmes possédant une expérience significative chez un promoteur, soit un responsable de programmes débutant fraîchement diplômé d’un Bac+5.

Directeur environnement de travail

Cette fonction relativement récente a pour mission essentielle de garantir un environnement de travail productif et pérenne favorisant la fidélisation des collaborateurs. Outre l’immobilier et les services aux utilisateurs, de nouvelles missions lui sont confiées :

- la prévention santé ;

- la mobilité ;

- le numérique ;

- une partie de la communication interne relative au développement durable.

Les directeurs environnement de travail sont expérimentés (48 ans de moyenne d’âge) et de mieux en mieux formés (43 % d’entre eux ont un Bac+5 ou plus). Si le marché candidats est volumique, l’intervalle entre deux postes n’est « que » de dix mois et les responsabilités sont souvent plus importantes à l’arrivée.

Asset manager

La fiche de poste d’un asset manager peut significativement varier d’une société à une autre. Au sens large, sa mission consiste à valoriser les actifs sous sa responsabilité grâce à une gestion locative, technique et financière optimale. Si la polyvalence est un atout de taille dans la profession, certaines compétences permettent aux candidats de se distinguer :

- la proximité avec le property management qui est une source d’informations clés ;

- une vraie culture marché afin de commercialiser de manière plus efficiente ;

- des connaissances du bâtiment pointues.

Sur un marché toujours aussi attractif, les recruteurs sont aujourd’hui de plus en plus exigeants sans pour autant augmenter les rémunérations.

Ainsi, les doubles cursus immobilier et technique sont particulièrement appréciés.

Les salaires pratiqués dans le secteur de l'immobilier selon l’expérience

 

  • Mise à jour le : 22/06/2017

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