Guyot énergies : une production durable d’énergie

Par : Benoît Descamps

Fin 2025, Épopée Gestion prenait une participation minoritaire au sein de Guyot énergies qui conçoit, à destination des industriels, des unités de production d’énergie à partir de déchets collectés localement. Si une première unité a déjà été livrée dans les Côtes-d’Armor, les ambitions du groupe et de son nouvel actionnaire sont à la hauteur des besoins du marché. Présentation.

Leader indépendant du déchet en Bretagne avec sa filiale environnement, le groupe Guyot créait, il y a dix ans, Guyot énergies. «Alors que venait de se tenir le Grenelle de l’environnement, nous avons fait évoluer notre modèle pour l’orienter vers la valorisation des déchets en lançant Guyot énergies, annonce Erwan Guyot, PDG du groupe Guyot, une société en fort développement et qui compte six-cent-vingt collaborateurs, contre deux-cent-cinquante en 2020. Aujourd’hui, 90% des déchets collectés dans la région sont valorisés en recyclage matière ou comme combustible – là où ils étaient auparavant enfouis – afin de produire une énergie bas-carbone locale depuis des infrastructures utilisant des combustibles biomasse ou de récupération.»

Fort de son réseau de vingt-trois agences, Guyot environnement collecte localement les déchets auprès des déchetteries et des professionnels. Ceux-ci sont ensuite pré-triés, puis envoyés en centre de valorisation pour élaborer le combustible qui alimentera les installations de Guyot énergies.

Une première chaufferie inaugurée, une deuxième en construction

Initiée en septembre 2023, une première chaufferie biomasse est mise en service à Créhen en avril dernier, pour 16 millions d’euros investis (avec le soutien de l’Ademe, à hauteur de 4,245 millions d’euros). Celle-ci produit de la vapeur grâce à la combustion de biomasse (bois en fin de vie collecté localement) pour le compte de la société Laïta (groupe Even). Cette laiterie industrielle, basée dans les Côtes-d’Armor, a réduit de 72 % sa consommation de gaz, via la combustion de 17 000 tonnes de déchets pour produire 57 600 MWh d’énergie bas-carbone (soit la consommation de chauffage de cinq mille six cents foyers).

Une deuxième chaufferie représentant un investissement de 70 millions d’euros (dont 14,5 millions d’euros financés par l’Ademe) est également en cours de construction sur le port de Brest pour alimenter l’usine Bunge.

A partir de la combustion de CSR (combustible solide de récupération : par exemple cartons, plastiques, textiles, bois non valorisables, car mal triés ou souillés), elle substituera la vapeur et l’électricité auparavant produite à partir de gaz, tandis que le surplus sera injecté dans un des réseaux de chaleur de la métropole brestoise. 85 GWh de chaleur et 20 GWh d’électricité seront ainsi produits chaque année à partir de la valorisation de 40 000 tonnes de déchets CSR. La construction de cette deuxième unité sera achevée l’an prochain.

Aujourd’hui en Bretagne, demain en Espagne

Bien entendu, le groupe Guyot ne compte pas se limiter à ces deux chaufferies. «Notre démarche consiste à identifier les gros consommateurs d’énergie pour leur proposer une source d’énergie locale et décarbonée, à un prix maîtrisé, précise Erwan Guyot. La crise énergétique liée au contexte géopolitique remet ces enjeux au cœur des préoccupations, en premier lieu celles des industriels qui ont besoin de visibilité sur leurs coûts pour assurer la compétitivité de leur activité. Avec nous, les industriels bénéficient d’une meilleure visibilité sur leurs dépenses énergétiques, celles-ci étant moins élevées que celles des énergies traditionnelles. Une partie du coût reste indexée, mais avec une progression linéaire.»

Deux autres projets sont à l’étude dans le Grand-Ouest, l’un dans le Finistère, l’autre dans les Pays de la Loire. Outre la Bretagne, la société compte également s’implanter en Espagne.

Financer les infrastructures durables des territoires

Pour accélérer sa croissance, Guyot énergies a ouvert en décembre dernier son capital à Épopée Gestion qui a pris une «participation minoritaire importante», plus particulièrement via Épopée Infra Climat I et sa déclinaison éligible à l’assurance-vie, Épopée Infra Co-Investissement I, référencée chez trois assureurs (Suravenir, Generali et l’UMR). 30 millions d’euros ont ainsi été investis. «Guyot énergies est typiquement l’investissement qui répond à toutes les dimensions de notre ADN et de notre raison d’être qui vise à financer les entreprises innovantes et vertueuses de nos territoires, sur l’Arc Atlantique, que ce soit en Private Equity, en venture capital, en immobilier ou en infrastructure comme c’est le cas ici, souligne Emmanuel Walliser, directeur de l’activité Infrastructures d’Épopée Gestion. C’est une belle ETI familiale de nos territoires et qui fait face à des enjeux de croissance. L’économie circulaire est une thématique qui nous est chère. Les solutions que nous déployons permettent de produire une énergie à un prix accessible et durable pour accompagner la décarbonation et l’autonomie énergétique de nos territoires et de ses industries.»

Pour le groupe Guyot, le recours à un fonds de Private Equity n’est pas une nouveauté. «Entre2013 et2019, nous avions déjà ouvert notre capital, car nos activités sont très consommatrices en capital, rappelle son PDG. Cela nous avait permis de passer de 70 à 300millions d’euros de chiffre d’affaires. L’ouverture capitalistique est un outil intéressant qui ne change pas la nature d’une entreprise, mais qui lui sert de tremplin pour continuer à se développer, d’autant plus que nous opérons dans un marché en forte consolidation.»

Emmanuel Walliser ajoute : «30millions d’euros ont été investis. L’objectif est d’aller plus vite car les besoins financiers sont importants : une usine coûte entre 20 et 70millions d’euros. Épopée Gestion intervient dans une logique d’investisseur de long terme pour accompagner la croissance de Guyot énergies, avec son fonds infrastructures dont la maturité est supérieure à dix ans.»

Relais de croissance

Outre la valorisation de déchet, Guyot énergies travaille sur d’autres relais de croissance : par exemple le captage de CO2, notamment auprès des entreprises de l’agroalimentaire, mais aussi sur d’autres solutions pour produire de l’énergie «adaptées à la puissance requise par l’industriel et les ressources locales qui peuvent être très variées».

  • Mise à jour le : 19/06/2026

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