Les recettes fiscales progressent plus vite que le PIB

Par : edicom

Selon les statistiques de la Direction générale des Finances publiques parues dans DGFiP Statistiques n° 43 (mars 2026), les recettes fiscales nettes recouvrées par la DGFiP progressent de 7,1 % entre 2024 et 2025, passant de 570 à 610 Md€. A périmètre de recouvrement inchangé par rapport à 2024 (c’est-à-dire hors les accises sur les tabacs et l’alcool), la croissance s’élève à 6,8 % en 2025, passant de 555 Md€ à 593 Md€.

Cette forte augmentation des recettes, supérieure à celle du PIB en valeur (2 % en 2025), tient d’abord à l’évolution des impôts existants. En particulier, les montants collectés au titre de l’impôt sur le revenu, des taxes intérieures sur la consommation d’énergie (fin du bouclier tarifaire) et des droits de mutation à titre onéreux et d’enregistrement croissent nettement. La mise en place de mesures fiscales introduites par la loi de finances pour 2025 participe aussi à la progression des recettes : la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) et la taxe sur les rachats d’actions rapportent ensemble 8,4 Md€ en 2025.

Enfin, ces recettes fiscales nettes collectées par la DGFiP se répartissent entre l’État (57 %), les collectivités territoriales (26 %) et les administrations de sécurité sociale (17 %).

 

Les impôts sur le revenu des ménages et des sociétés progressent fortement (+10,4 %)

S’agissant des impôts assis sur le revenu des ménages, l’impôt sur le revenu stricto sensu augmente nettement pour atteindre 95 Md€ en 2025 (+7,9 %), et la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), génère 0,4 Md€ en 2025. S’agissant des impôts sur le revenu des sociétés, l’impôt sur les sociétés et la contribution sociale sur les entreprises augmentent de 4,0 % (+2,4 Md€) et l’instauration de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises [encadré 2] rapporte 7,5 Md€.

Les recettes nettes de l'impôt sur les sociétés (IS) s’élèvent à 62 Md€, en progression de 4,0 %. Cette hausse s’explique essentiellement par une hausse des acomptes 2025 (donc notamment de l'anticipation par les entreprises de leurs bénéfices 2025) et, dans une moindre mesure, par une diminution des crédits d’impôt mobilisés en remboursement, notamment du crédit d’impôt recherche (CIR).

 

Les impôts sur le patrimoine et sur les transactions financières sont plus dynamiques que ceux sur la production

Les recettes fiscales d’imposition du patrimoine augmentent de 5,2 % en 2025 grâce à des droits de mutation à titre onéreux et d’enregistrement particulièrement dynamiques (+18,0 %). L’augmentation de ces droits est liée à la reprise du marché de l’immobilier et à la possibilité offerte aux départements de relever jusqu’à 0,5 point (de 4,5 % à 5 %) le taux applicable à certaines transactions. Les recettes de taxes foncières et taxes annexes à celles-ci progressent quant à elles de 3,0 %.

Les impôts sur la production évoluent plus modérément en 2025 (+1,6 %) que ceux sur le patrimoine, ralentis par la suppression de la contribution sur les rentes inframarginales d’électricité (-39,6 %), de la baisse des recettes de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (-3,1 %) et de celles de taxe sur les surfaces commerciales (-3,5 %). Ces baisses sont toutefois compensées par les hausses de recettes de la taxe sur les salaires (+2,5 %) ou encore de celles de la taxe sur les véhicules de société (+58,7 %). Pour cette dernière, le seuil de déclenchement de la taxation a été abaissé, son barème augmenté et sa composante « taxe sur l’ancienneté des véhicules » remplacée par une nouvelle taxe sur les émissions de polluants atmosphériques au rendement plus important.

De plus, le rendement des taxes anciennes et nouvelles sur les opérations financières est important en 2025. La taxe sur les transactions financières rapporte à l’État 2,5 Md€ en 2025 contre 1,3 Md€ en 2024 (+89,7 %) en raison de deux facteurs : la hausse du taux de cette taxe (passant de 0,3 % à 0,4 % sur les achats d’actions) et la fin de l’affectation d’une partie des recettes de celle-ci à l’Agence française de développement au profit de l’État. La création de la taxe sur les rachats d’actions en 2025 [encadré 2] permet également de collecter 0,5 Md€ de recettes.

Source : DGFIP

  • Mise à jour le : 07/06/2026

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