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  Les chiffres du capital-investissement battent des records

Par : Paola Feray

L’activité du capital-investissement français en 2016 s’annonce très positive, atteignant enfin les niveaux enregistrés en 2007. En investissements, en cessions, en levées, les chiffres sont au plus haut et dépassent les records historiques, avec 5,5 Md€ injectés dans 1 040 entreprises. Des chiffres boostés par les collectes des fonds des assurances et par les institutionnels étrangers.

C’est une très bonne nouvelle. Carburant de l’économie réelle, le capital-investissement frôle les records historiques et retrouve ses couleurs d’avant-crise. La confiance des investisseurs français et l’attractivité des entreprises hexagonales qui séduisent de plus en plus d’institutionnels étrangers reviennent enfin de très belle manière. C’est ce que révèle les chiffres dévoilés par l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic). Et il était temps pour notre économie qui redémarre, certes, mais trop doucement encore.

Une bonne nouvelle pour l’économie

Au premier semestre, les membres de l’Afic (la quasi-totalité des structures de capital-investissement en France, ainsi que de nombreux banquiers, avocats, fiscalistes, commissaires aux comptes, auditeurs et conseils) ont collectivement investi 5,5 milliards d’euros (+ 47% par rapport au premier semestre 2015) dans plus de 1 000 entreprises (+ 23 %) à tout leur stade de développement. Le marché français du capital-investissement renforce sa liquidité avec un nombre record de cessions (+ 9 %), et prépare l’avenir du tissu économique grâce à des moyens en forte progression, avec 6,2 milliards d’euros levés (+ 41 %), dont la moitié en provenance de l’étranger !

« A la lecture des chiffres du premier semestre, se réjouit Olivier Millet, le président de l’AFIC, l’activité du capital-investissement français en 2016 s’annonce très positive. En investissements, en cessions, en levées, les chiffres sont au plus haut ou dépassent les records historiques. Alors que l’ambition de l’Afic est de doubler la taille du capital-investissement français à moyen terme, on peut se réjouir de la tonicité d’ensemble du secteur qui a vocation à aider les entreprises à changer de taille. Avec la moitié des capitaux levés en provenance de l’étranger, le capital-investissement français démontre son pouvoir d’attraction auprès des grands institutionnels mondiaux. On ne peut que regretter qu’en comparaison une faible part de l’abondante épargne française soit orientée vers cette classe d’actifs. »

Autre phonomène à noter, et non des moindres, la progression des montants investis profite aux principaux métiers de l’industrie que sont le capital-innovation, le capital-développement, le capital-transmission et le capital-retournement.

5,5 Md€ investis dans plus de 1 000 entreprises

Au premier semestre 2016, les acteurs du capital-investissement français ont investi 5,5 Md€ dans l’accompagnement et l’accélération d’entreprises engagées dans des projets de croissance. Une très forte progression de 47 % par rapport au premier semestre 2015, un montant supérieur à la moyenne des années 2006-2008 qui confirme la nette reprise amorcée depuis 2014.

 

Pour la première fois sur un semestre a été franchi le seuil de 1 000 entreprises (1 040 très exactement) accompagnées par les membres de l’Association. On constate une grande stabilité de leur répartition géographique, plus de 80 % (84 % ce semestre) sont basées en France. 6 entreprises sur 10 (61 %) ont bénéficié de réinvestissements qui représentent 45 % des montants alloués, preuve de la capacité du capital-investissement à soutenir les projets de croissance et réinjecter du capital.

Le capital-investissement finance un nombre important de start-up et de PME. Plus de la moitié des entreprises (573) ont reçu des investissements inférieurs à 1 M€, et ce semestre comme sur le long terme, 98 % des entreprises reçoivent des financements en capital inférieurs à 50 M€. La tendance de long terme montre que les montants unitaires supérieurs à 100 M€ progressent, quand en parallèle ceux inférieurs à 50 M€ fléchissent, alors que la tranche intermédiaire entre 50 et 100 M€ reste stable.

Désinvestissements : liquidité du marché

Le premier semestre 2016 affiche un double record : en nombre d’entreprises cédées (695) – ce qui confirme la liquidité de la classe d’actifs – et en coût historique (4,4 Md€), avec une tendance de long terme à une augmentation des cessions supérieures à 100 M€. 

Les industriels et les sociétés de capital-investissement confirment leur poids prépondérant comme relais du développement des entreprises. Durant ce semestre, ils cumulent 64% des montants désinvestis et 28% du nombre d’entreprises cédées.

6,2 Md€ levés, grâce aux assureurs et aux investisseurs étrangers

Durant le premier semestre, la France du capital-investissement demeure attractive avec une collecte importante de 6,2 Md€. Cette collecte sera engagée dans l’économie via les 55 sociétés de gestion qui ont levé ces fonds au travers de 108 véhicules.

Ce chiffre élevé doit néanmoins être nuancé par une levée de 2,8 Md€ qui confirme la constitution d’acteurs français du capital-investissement de très grande taille. La tendance de long terme montre que les levées unitaires supérieures à 200 M€ progressent. Elles passent de 38% en moyenne entre 2008 et 2012 à environ 60% depuis 2013 (71% pour le premier semestre 2016).

Concernant les catégories de souscripteurs, les compagnies d’assurances et mutuelles sont les premiers en France comme à l’étranger. Il faut noter ensuite le très bon niveau des levées à l’étranger auprès des fonds de fonds, des fonds souverains et du secteur public.

Le capital-investissement confirme son attractivité internationale : 49 % des capitaux levés sont venus d’investisseurs étrangers. L’accès aux investisseurs internationaux reste proportionnellement plus important passé le seuil de 200 M€. Les levées supérieures à 200 M€ concentrent 90% des capitaux provenant de l’étranger.

Soutenu par l’abondance de capitaux et des financements attractifs, le marché du capital-investissement français a une nouvelle fois confirmé sur ce premier semestre 2016 sa dynamique, à en juger par la hausse des tickets moyens et du nombre d’opérations réalisées.

 

  • Mise à jour le : 14/10/2016

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