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  Diamants d’investissement : mises en garde de l’AMF

Par : Alex Sopta

« L’âme du diamant est la lumière », selon le moraliste Joseph Joubert (1754-1824). Certaines sociétés en promeuvent sans conteste l’éblouissement, et pour ce faire proposent via leur site Internet, téléphone ou mail d’acquérir des métaux précieux en expliquant que leur valeur va progresser. Relevant de l’intermédiation des biens divers, il s’agit de placements hautement risqués dans le collimateur des autorités de tutelle et de contrôle.

Publicité via les plates-formes en ligne

La société Singapore Diamond Mint propose le « Diamond Bullion » en tant que nouveau produit d’investissement lancé ce mois d’octobre par la plate-forme électronique SDIX (Singapoure Diamond Investment Exchange). Le lingot de diamant est côté à plus de 100 000 dollars, soit un peu plus de 86 000 euros. Rien n’est plus déroutant, en ces temps de baisse de rendement pour les revenus de l’épargne, que de constater le nombre croissant de sites Internet délivrant un argumentaire percutant à l’éclat trop adamantin. L’intérêt va croissant, les places boursières s’en émeuvent et des sociétés du secteur font miroiter des rendements exceptionnels sans avertir les investisseurs des risques élevés de perte.

Vigilance des investisseurs

L’Autorités des marchés financiers (AMF) renouvelle les appels à la vigilance à l’occasion de tout souhait d’investissement. Elle indique sur son site qu’aucun discours commercial ne doit éluder le fait qu’il n’existe pas de rendement élevé sans risque élevé, qu’il convient de s’informer sur les sociétés qui proposent un investissement (numéro d’enregistrement…), de n’investir qu’après avoir compris le produit, de s’interroger sur la façon dont est fixée la valeur à laquelle il est proposé (prix d’achat ou prix de vente) et d’obtenir des renseignement sur les modalités de revente et les délais inhérents au produit investi sur un marché où il existe peu de transactions. Le 20 octobre, l’AMF a mis à jour sa liste (non exhaustive) des nouveaux sites Internet proposant des diamants d’investissement en France sans y être autorisés.

Elargir le champ de mise en garde

Le président d’honneur de la Compagnie des conseils en gestion de patrimoine indépendants, Jean-Pierre Rondeau, se satisfait le 26 octobre, que l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) se saisisse après l’AMF et l’ACPR, du problème des diamants d’investissement et, plus largement, de celui des produits dits atypiques dans l’intérêt des épargnants. Mais il reste sur sa fin s’agissant du périmètre que semble couvrir, en matière de publicité, cette mise en garde. Les plates-formes en ligne seraient, selon lui, principalement visées. Or les autorités semblent oublier les médias les plus réputés (hebdomadaires, chaînes TV, notamment). Selon les termes du président d’honneur, certains de ceux qui informent leurs lecteurs « se prêtent non seulement à la diffusion de publicités lucratives peu contrôlées, mais aussi d’interviews complaisants des promoteurs de produits ». Il regrette aussi qu’il ne s’agisse ici que d’une simple information sur la législation à destination de ceux qui commercialisent ces produits, alors que manque l’évocation de possibilités de sanctions contre ceux qui s’en rendent complices même par « inconscience ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Mise à jour le : 30/10/2017

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