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  L’énergie reste une opportunité de croissance

Par : edicom

Par Sandrine Cauvin, gérante chez Vestathena

L’énergie est au cœur du développement économique. Les grandes évolutions démographiques, les révolutions technologiques et les enjeux environnementaux créent de la demande pour de nouveaux investissements, qui font du secteur de l’énergie une opportunité de croissance sur le long terme et une thématique boursière que les investisseurs devraient considérer.

La perspective du paysage énergétique met en évidence deux constats : la demande énergétique est en augmentation constante et la consommation d’énergie a un impact sur l’environnement. La croissance démographique couplée à l’urbanisation et à la montée en puissance des classes moyennes dans les pays émergents soutiennent la demande d’énergie. Des centaines de millions de personnes adopteront un style de vie moderne, achèteront des voitures, des télévisions et d’autres biens d’équipement, et consommeront donc plus d’énergie.

La demande en énergie a plus que triplé en cinquante ans et devrait encore augmenter de près de 30 %, d’ici à 2040. Le monde aura besoin de l’ensemble des énergies afin de satisfaire cette forte expansion de la demande, en particulier dans les pays émergents.

Dans ce contexte, nous identifions trois tendances majeures qui devraient guider les investissements sur cette thématique : la prédominance des énergies fossiles dans le bouquet énergétique mondial, la montée progressive des énergies renouvelables et, enfin, l’efficacité énergétique.

La prédominance des énergies fossiles dans le mix énergétique mondial

Le pétrole est omniprésent dans notre vie quotidienne, car il est énergétiquement efficace et souple d’utilisation. On le trouve dans nos moyens de transport, dans l’habitat, les vêtements, les plastiques, l’agriculture, les médicaments…

Totalement dépendantes du pétrole, nos économies ne vont pas pouvoir s’en défaire du jour au lendemain. Il n’existe pas aujourd’hui de solution alternative pouvant le remplacer massivement et rapidement, en particulier dans les transports. La transition vers des solutions alternatives ne pourra se faire que progressivement et sur plusieurs décennies. Les fluctuations du prix du pétrole devraient perdurer et ses prix planchers augmenter. Car si les réserves mondiales sont encore abondantes, les ressources qui seront mobilisables dans le futur nécessiteront probablement des technologies plus complexes et coûteuses pour les exploiter. La difficulté des producteurs à répondre à l’évolution de la demande aura un impact haussier sur la formation des prix.

Plus les pétroles non conventionnels représenteront une part importante de la production mondiale, plus le prix plancher des fluctuations des prix sera haut. L’efficacité introduite par l’utilisation de nouvelles technologies représente des forces capables de mitiger la volatilité des prix. Cela crée des opportunités d’investissement dans les énergies de substitution et les technologies d’extraction alternative ainsi que dans les équipements permettant des gains d’efficience énergétique.

Mais également, des opportunités sont à exploiter dans les sociétés pétrolières disposant d’actifs sur des bassins à fort potentiel et ayant la maîtrise de leurs coûts ou les sociétés de services pétroliers offrant des technologies facilitant l’exploration et l’exploitation de gisements de plus en plus complexes (offshore ultra-profond, sables bitumineux, hydrocarbures de roches-mères…).

Nous pensons notamment à des sociétés, telles que Noble Energy (pétrole de schiste aux Etats-Unis, offshore golfe du Mexique et Afrique de l’Ouest), Schoeller-Bleckmann (leader dans les équipements de précision et les moteurs de forage) ou encore TechnipFMC (leader mondial des projets subsea, onshore/offshore et surface qui propose des contrats clés en main, entièrement intégrés à ses clients).

Offrant des atouts incontestables (facile à stocker, à distribuer, moins polluant que le pétrole et le charbon), le gaz naturel est une énergie incontournable et sa part dans le bouquet énergétique mondial devrait augmenter (de 20 % en 2010 à 24 % en 2040).

Les opportunités d’investissement se situent du côté des producteurs de gaz naturel, mais également de tous les acteurs présents sur la chaîne gazière, allant des sociétés de services participant aux développements des projets, à la gestion des infrastructures (terminaux, unités de traitement, transport) et à la distribution.

GTT, spécialisée dans la conception des systèmes de confinement à membranes cryogéniques dédiés à l’équipement des méthaniers, est une société qui profite des perspectives porteuses du marché du GNL.

Les principaux drivers sont :

- une croissance pérenne du marché du gaz (prise de parts de marché par rapport aux autres énergies fossiles) ;

- un accroissement des parts de marché du GNL ;

- un catalyseur stratégique avec l’augmentation des besoins de transport du GNL, d’où le recours aux méthaniers, en raison d’un accroissement des zones de production en Australie et Etats-Unis alors que les zones de consommation sont localisées en Asie ;

- de nombreux projets de GNL pour les dix prochaines années ;

- et de nouvelles applications (petits méthaniers, bunkering, stockage terrestre…).

Diversification énergétique et augmentation des énergies renouvelables

La prise de conscience de l’impact sur l’environnement de l’utilisation excessive des énergies fossiles a incité la mise en œuvre de mesures diverses à l’échelle mondiale afin de réduire les émissions de CO2 et augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. Actuellement, les énergies renouvelables représentent environ 10 % de la consommation mondiale d’énergie. L’essentiel vient de l’hydraulique, l’éolien et de la biomasse.

La part des énergies renouvelables est prévue d’augmenter à 17 % à l’horizon 2040, avec notamment un développement important du solaire et de l’éolien. Ces secteurs sont encore dépendants des subventions. Toutefois, les progrès technologiques et le fait que le coût des ressources fossiles devrait augmenter sur le long terme font que cette dépendance devrait diminuer dans les années à venir. A moyen terme, les énergies renouvelables deviendront compétitives.

Sur ce segment, il convient de privilégier les sociétés dont les efforts dans la Recherche & Développement sont continus, le financement par à-coups ne permettant pas d’enclencher le cercle vertueux de l’innovation.

Les opportunités se concentrent parmi les petites et moyennes entreprises spécialisées qui se fixent des objectifs clairs et placent les énergies renouvelables au cœur de leur stratégie. EnergieKontor (construction et exploitation de parcs éoliens et solaires), McPhy Energy (spécialiste des équipements de production, stockage et distribution d’hydrogène sous forme solide) et Sunrun (société spécialisée en énergie solaire résidentielle aux Etats-Unis) font partie de cette catégorie de sociétés.

Efficacité énergétique

La maîtrise de la demande en énergie est l’un des défis majeurs pour nos sociétés de consommation confrontées aux conséquences du changement climatique. L’efficacité énergétique est une des clefs pour à la fois endiguer les émissions de gaz à effet de serre et assurer toujours plus de services en consommant le moins possible d’énergie. Bien qu’il existe déjà des technologies permettant de réduire la consommation d’énergie, l’efficacité énergétique est l’un des domaines dans lequel des progrès peuvent encore être réalisés, notamment au niveau des secteurs du bâtiment et du transport.

Efficacité énergétique : de quoi parle-t-on exactement ?

Il ne faut pas confondre le concept d’économie d’énergie avec celui d’efficacité énergétique. On parle d’économie d’énergie lorsque l’on prend la décision de réduire sa consommation personnelle. A l’opposé, pour un service rendu identique, l’efficacité énergétique vise à minimiser l’énergie consommée. Aujourd’hui, seulement près d’un tiers de l’énergie primaire (avant toute conversion ou transformation) atteint son point d’utilisation. Deux tiers sont perdus lors de la transformation.

Des technologies innovantes visant à réduire la consommation et le gaspillage d’énergie sont déjà intégrées dans plusieurs domaines, notamment dans le secteur manufacturier, le bâtiment et les transports. Elles influeront sensiblement sur les flux énergétiques, tant dans les pays industrialisés que dans les émergents.

Le bâtiment : principal gisement d’économies d’énergie

Le secteur du bâtiment est le premier consommateur d’énergie avec 40 % de la production absorbée, devant les transports (25 %) et l’industrie (23 %), il est source d’impacts environnementaux majeurs. Compte tenu de la croissance démographique et de l’accélération de l’urbanisation, les besoins en termes de construction (bâtiments, infrastructures, etc.) ne cessent d’augmenter, ce qui accentue par la même occasion les enjeux environnementaux autour de la thématique.

L’amélioration de l’efficacité énergétique dans ce secteur est donc une nécessité absolue. Des technologies sont disponibles aujourd’hui afin de limiter la consommation d’énergie d’un bâtiment. Les solutions permettant d’optimiser l’efficacité énergétique d’un bâtiment sont de deux types. Les solutions dites « passives » qui englobent toutes les actions d’amélioration du bâti mais aussi des systèmes énergétiques (équipements de chauffage, d’éclairage…). Et les solutions dites « actives » qui agissent sur l’exploitation, les usages et l’optimisation des flux énergétiques par l’intermédiaire de systèmes efficaces/intelligents de mesure, de contrôle et de régulation (variateurs de vitesse, détecteurs de présence, variateurs d’éclairage, thermostats intelligents, compteur intelligent, gestion de l’éclairage…).

Les réglementations actuelles sur les constructions neuves encouragent le développement de ces solutions. Toutefois, des efforts supplémentaires seront nécessaires afin d’accélérer la rénovation des bâtiments anciens qui constituent encore l’essentiel des consommations.

Les évolutions seront donc progressives car il faut du temps et des investissements pour renouveler totalement les parcs de logements. Les producteurs de solutions d’isolation apparaissent très bien positionnés pour profiter de la tendance : production de mousses isolantes, laines de verre, laines de roches, double et triple vitrage. Sur ce segment, les solutions existantes apportent déjà un niveau d’efficacité énergétique important à un coût abordable. L’accélération du déploiement de ces technologies semble plus liée à l’évolution des cadres réglementaires et à la sensibilisation des acteurs concernés, artisans et propriétaires en particulier.

En matière de chauffage et de climatisation, les acteurs proposant des solutions sont plus limités. Si les chaudières à condensation permettent une légère augmentation des rendements énergétiques, les principales technologies permettant une réduction significative des émissions sont aujourd’hui les pompes à chaleur, le solaire apposé au bâti et le recours à la biomasse pour le chauffage. Enfin, en matière d’équipements, la baisse des coûts des LED entraîne une transformation du secteur de l’éclairage.

Des solutions innovantes pour diminuer la consommation énergétique des transports

Nos modes de transport sont dispendieux et énergivores. Le secteur du transport est actuellement en mutation face aux défis environnementaux et sociaux qu’il pose. Le concept d’efficacité énergétique est un référent incontournable de cette transformation.

En amont de la chaîne de valeur, les équipementiers, les motoristes, les chimistes et les pneumaticiens disposent de nombreux leviers d’optimisation des consommations des véhicules (par kilomètre parcouru pour le transport des personnes et par kilomètre et tonne transportée pour le fret) comme l’aérodynamisme, l’allégement des véhicules, la réduction de la résistance au roulement, la gestion des consommations d’énergie internes, etc.

Grâce au développement de ces technologies, les TGV consomment moins et récupèrent leur énergie cinétique par exemple. L’efficacité énergétique des avions a été améliorée d’environ 33 % depuis le début des années 2000 (source IATA). L’industrie aérienne s’est fixée d’améliorer son efficacité énergétique de 1,5 % par an, d’avoir une croissance neutre en carbone d’ici 2020, et d’atteindre une réduction de 50 % des émissions de CO2 entre 2005 et 2050.

Pour atteindre ces objectifs, les priorités de l’aérien sont l’efficacité des systèmes de propulsion, l’allégement des structures et du poids à bord, l’amélioration de la finesse et des propriétés aérodynamiques et les systèmes de gestion du trafic aérien et des changements opérationnels.

Le secteur automobile innove aussi. Les versions les plus avancées des véhicules hybrides permettent de récupérer l’énergie libérée lors des freinages afin d’alimenter le véhicule en électricité. La voiture tout électrique, concentre ses avancées sur des technologies de stockage de l’énergie plus sûres, plus économiques et plus durables. Du côté des moteurs thermiques, on innove en association avec les pétroliers. Les molécules d’essence sont rendues plus détonantes afin d’accroître leur production d’énergie et d’entraîner une baisse de la consommation de carburant. On ajoute ainsi à l’essence des substances atténuant l’encrassement des moteurs pour les rendre plus performants et moins gourmands.

Les entreprises technologiques jouent un rôle bien plus important qu’avant dans la transformation du secteur de l’automobile. Les voitures hybrides et électriques comptent davantage de semi-conducteurs que les véhicules classiques dotés d’un moteur de combustion interne, tandis que les fonctionnalités des ADAS (aide à la conduite automobile) ajoutent une nouvelle couche de semi-conducteurs et de capteurs.

Pour les investisseurs, la transition énergétique et la recherche d’efficacité ouvrent la voie à des opportunités non seulement pour les entreprises innovantes dans divers domaines liés aux énergies propres, comme les technologies de construction, la mobilité intelligente, l’électromobilité, la fabrication, les fournisseurs d’énergies propres, le stockage de l’énergie et les réseaux électriques intelligents, mais aussi pour les entreprises technologiques plus traditionnelles, qui ont désormais de nouveaux marchés à conquérir.

En conclusion, nous pouvons retenir que les besoins croissants en énergie et les enjeux environnementaux auront un impact majeur sur l’évolution du mix énergétique dans les années à venir. Nous sommes bien entrés dans une période de transition énergétique mais celle-ci vient de démarrer. Elle va prendre du temps et, les énergies fossiles devraient jouer un rôle important dans cette transition, en particulier le gaz naturel. L’innovation est également au cœur de cette transition énergétique. De nombreuses sociétés développent des produits ou services (voitures électriques, smart grids, routes auto-éclairées, nouveaux matériaux pour l’isolation…) permettant de s’engager sur cette voie et de favoriser une meilleure efficacité énergétique. Nous pensons que toutes ces évolutions sont porteuses de croissance et de performance pour les investisseurs.

 

Un fonds dédié à l’énergie

Vestathena est une société de gestion spécialisée dans l’investissement en actions selon un processus de gestion active à long terme. Elle investit exclusivement dans des valeurs cotées, et plus particulièrement sur les small et mid-caps européennes, les capitalisations de toutes tailles d’Europe du Nord, l’or et les métaux précieux. Vestathena gère actuellement six fonds ouverts (Denim, Hanséatique, Anthracite, Ambre, Amaterra, Energie 2025), et un fonds dédié. Fondée en 2014 par Claudio Arenas-Sanguineti (cofondateur de La Française des placements et de La Financière de la cité), la société réunit dix collaborateurs.

Energie 2025 est un OPCVM qui investit en actions de sociétés internationales liées à l’évolution du mix énergétique, qui ne se limite pas au secteur de l’énergie mais tous les secteurs contribuant à l’évolution de ce mix et ceux concernés par cette problématique, parmi lesquels on peut citer l’efficacité énergétique. Son objectif est d’offrir, sur un horizon de placement recommandé supérieur à cinq ans, une performance nette de frais supérieure à celle de l’indice MSCI World Energy TR. Afin d’atteindre cet objectif, une première étape consiste à filtrer une base de données globale comprenant plus de mille sociétés afin d’identifier les entreprises actives dans la thématique. Dans un deuxième temps, une analyse quantitative est effectuée, afin de constituer l’univers d’investissement potentiel. Les pondérations initiales des titres du portefeuille sont basées sur la pureté du thème et des facteurs de construction de portefeuille tels que la liquidité et la volatilité des cours. Les pondérations cibles du portefeuille se basent sur les pondérations initiales du portefeuille ajustées des scores évaluant les sociétés selon certaines variables (qualité du management, valorisation) et des secteurs.

  • Mise à jour le : 19/04/2018

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