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  Stéphane Fantuz (CNCEF Patrimoine) : « Saisir l’opportunité donnée par les pouvoirs publics de sensibiliser l’épargnant par l’éducation financière »

Par : Benoît Descamps

Stéphane Fantuz, président de la CNCEF Patrimoine (ex-CNCIF), se réjouit de la forte croissance du nombre de ses membres en 2019 et revient sur les enjeux de son association pour l’année 2020.

Profession CGP : Quel bilan pouvez-vous tirer pour la CNCEF Patrimoine pour l’année 2019 ?

Stéphane Fantuz : Notre principale source de satisfaction est la croissance du nombre de nos membres. Nous enregistrons une progression des adhésions de l’ordre de +18 % par rapport à 2018. Ce qui nous fait atteindre le seuil critique des 1 000 personnes morales adhérentes, pour plus de 1 400 professionnels personnes physiques. Alors que les associations de CIF sont installées dans le paysage depuis de nombreuses années, cette belle croissance, bien au-dessus de la moyenne de la profession, reflète la qualité de nos services apportés aux professionnels.

S’agit-il de nouveaux entrants dans la profession ou de transferts d’autres associations ?

S. F. : Dans la majorité, cela concerne des professionnels qui s’installent : la profession attire les talents qu’il s’agisse d’anciens professionnels de la finance-assurance ou d’autres venus de tous types d’horizons.

Vous n’observez pas une forte concentration des acteurs…

S. F. : En effet, le marché se concentre ! Parallèlement à cette concentration, nous observons deux phénomènes :

- l’arrivée de nouveaux professionnels, comme nous venons de le voir ;

- et l’accroissement de la concurrence avec l’arrivée de nouveaux CIF en provenance de structures qui ne sont pas issues directement de la profession, comme les experts-comptables qui créent leur pôle de gestion de patrimoine, ou des sociétés de gestion ou encore des courtiers d’assurance qui se diversifient sur la gestion de patrimoine.

Il s’agit d’un changement majeur pour nous, qui rend la concentration inéluctable car ces acteurs industrialisent la profession. D’autres raisons poussent à ce mouvement : le besoin de formation, le formalisme, la nécessité de développer les compétences, de suivre les produits… L’étendue des missions pour un cabinet est énorme. Nous nous dirigeons donc vers un marché où les cabinets seront moins nombreux, mais avec des effectifs plus étoffés.

Quelles ont été les nouveautés de la CNCEF en termes de services ?

S. F. : Nos services d’accompagnement ont été renforcés : nos kits professionnels sont plus étoffés, notre offre de formation est plus large, (plus de 100 formations en ligne). Enfin, une équipe dédiée répond aux appels de nos adhérents (plus de 400 chaque jour)…

Nous avons repensé notre communication de manière à acquérir une plus grande lisibilité en direction des professionnels, des autorités de tutelle et des acteurs de la place. Notre objectif désormais est de mieux valoriser les métiers de nos membres, particulièrement en direction du client final. En effet, en tant qu’association professionnelle, nous devons saisir l’opportunité donnée par les pouvoirs publics de sensibiliser l’épargnant par l’éducation financière. De nombreux sujets le permettent : la réforme des retraites, la faiblesse des taux, les opportunités ou les prudences à adopter en période de croissance ralentie.

L’année 2019 a été marquée par le débat autour du troisième usage du courtage…

S. F. : Oui, nous avons adopté une position commune avec d’autres associations. Nous étions partagés sur le sujet puisqu’il nous apparaît inopportun d’indemniser un courtier lorsqu’il perd un client car celui-ci estime que le service rendu ne correspond pas à ses attentes ; tandis qu’il est légitime qu’un conseiller soit protégé lorsque son client le quitte pour d’autres raisons comme celle d’un déménagement… Nous sommes parvenus à un consensus autour de 12 mois.

Le report de la co-régulation pour l’IOBSP et les intermédiaires d’assurances a également déçu votre association.

S. F. : Cela est en effet bien regrettable et nous saluons l’initiative, le travail de Bercy sur ce sujet et tout particulièrement l’engagement de Lionel Corre, le directeur adjoint du pôle assurance. Cette décision du Conseil Constitutionnel est dommageable car, sur le terrain, la mise en place de la DDA est complexe pour les courtiers qui, contrairement aux CIF, sont peu habitués à ce type de formalisme. La problématique est identique pour les IOBSP. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas attendu pour créer la CNCEF Assurance et la CNCEF Crédit qui toutes les deux proposent aux professionnels un véritable accompagnement à l’intégration de la réglementation au sein de leur cabinet, dans cette période transitoire.

Nous espérons que l’auto-régulation fera l’objet d’une Loi au printemps prochain, pour qu’une mise en application sereine puisse être opérée à compter du 1er janvier 2021. Ce dossier va être le sujet majeur de l’année 2020.

Comment vos adhérents s’approprient-ils la loi Pacte ?

S. F. : Positivement, dans la mesure où elle encourage la pédagogie financière. Elle est donc intéressante en matière de développement pour nos membres. C’est-à-dire, faire valoir la force de notre métier qui repose sur le conseil. Nous ne pouvons donc que nous en réjouir.

  • Mise à jour le : 29/12/2019

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