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  Une fin d'année au galop ?

Par : Benoît Descamps

Par Igor de Maack, gérant chez DNCA Finances (achevé de rédiger le 23 octobre 2015).

Cette semaine a été marquée par de bonnes publications européennes (sur le secteur des télécoms, par exemple) mais aussi américaines sur le secteur des technologies après la déception Wall Mart. Mais le fait le plus marquant est encore une fois la communication d'une banque centrale : celle de la BCE qui a réitéré sa volonté et sa capacité de poursuivre et de prolonger son QE, comme d'ailleurs toutes ses homologues l'avaient fait auparavant.

Cette abondance de liquidités dans un contexte macroéconomique somme toute correct en Europe donne des idées aux candidats à la bourse. Poste Italiane, Amundi, Ferrari, Oberthur ont lancé leur introduction sur les marchés. Cette année sur les marchés financiers ressemble un peu à un concours hippique. Il y eut tout d'abord le galop débridé du début d'année (performance à plus de 20% en quelques mois) interrompu par des chutes douloureuses (en juin, en août puis en septembre). Puis vint le temps du trot parfois enlevé (les épisodes de sursaut de volatilité qu'on vit depuis la rentrée).
Il reste encore deux mois pour tenter de franchir le dernier obstacle et boucler une année qui, pour l'instant, s'avère satisfaisante car bon nombre de fonds actions affichent des performances supérieures proches de 15% et surperforment leur indice de référence. Tout bon cavalier sait qu'il peut chuter au dernier oxer et se voir disqualifié. L'investisseur actions devra donc rester le pied ferme sur l'étrier (bien analyser les messages envoyés par la micro-économie) pour terminer en selle sans dommage. La gestion obligataire, elle, aura plutôt ressemblé à une épreuve de dressage, la plus noble des épreuves : délicatement, il aura fallu passer du trot au pas allongé (la baisse des rendements), parvenir à enchaîner les figures imposées en contrôlant ses mains sur les rennes pour éviter les pièges (notamment sur le crédit high yield).
Les gérants obligataires auront aussi dû effectuer de bonnes transitions entre les différentes allures : arbitrer le crédit pour des obligations souveraines périphériques et privilégier parfois le seul cash ou le très court terme pour éviter le risque de duration longue. Pour celles et ceux qui pratiquent l'art équestre, savoir dompter sa monture lorsqu'elle s'emballe constitue un véritable défi. L'environnement actuel des marchés et des économies demeure propice aux emballements de toute nature. La meilleure performance financière est celle qui se fait dans le contrôle.

  • Mise à jour le : 27/10/2015

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