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  Le patrimoine français plébiscité par les investisseurs étrangers

Par : edicom

Par Cyril Kammoun, CEO de Degroof Petercam Finance

Au cours des derniers mois, les acquisitions d’entreprises françaises par des groupes ou fonds étrangers se sont multipliées. Notre pays regorge de marques et de savoir-faire très appréciés à l’international. Mais le constat est sans appel : l’argent disponible pour les valoriser à leur juste mesure ne se trouve plus en France.

Le patrimoine français est particulièrement prisé par les investisseurs du monde entier. Au cours des dernières années, les acquisitions se sont multipliées, avec d’un côté de nombreuses entreprises familiales françaises mises en vente, de l’autre des acheteurs potentiels souvent venus de l’étranger et disposant de liquidités substantielles. Certains investisseurs, en provenance d’Asie notamment, sont prêts à payer des sommes importantes pour acquérir des marques emblématiques de notre patrimoine.

Même au-delà du patrimoine traditionnel

Notre patrimoine et notre savoir-faire séduisent en effet bien au-delà de nos frontières. Il est très difficile de créer une marque ex nihilo et il faut des années pour réussir à l’imposer dans l’imaginaire collectif. Un investisseur désirant se construire un patrimoine préférera s’offrir une marque centenaire, entourée d’un prestige considérable et disposant d’un potentiel de développement prometteur dans un marché mondialisé.

Des secteurs sont particulièrement concernés par ce mouvement de fonds : l’agroalimentaire, les vins et spiritueux avec une prédilection pour les vins de Bordeaux, de Bourgogne, le cognac et le champagne, l’immobilier haut de gamme etc. Mais le mouvement dépasse le patrimoine traditionnel et touche tous les métiers, comme le tourisme ou la banque.

Les acheteurs sont Chinois, Indiens, Brésiliens, ou viennent des Etats du Golfe même si dans l’univers technologique, ils restent le plus souvent américains. Il y a en effet un appétit significatif des investisseurs d’outre-Atlantique pour les valeurs internet, les biotechs ou encore les sociétés de technologie médicale. Dans ce domaine, les moyens financiers que les acteurs américains sont prêts à déployer s’avèrent supérieurs à ceux de leurs concurrents européens ou asiatiques.

Problème fiscal

La profusion d’opérations financières impliquant des entreprises françaises disposant d’une marque et/ou d’un savoir-faire reconnus n’est pas sans susciter des interrogations. La surface financière de ces investisseurs étrangers résulte en effet de l’absence d’une fiscalité confiscatoire dans de nombreux pays qui leur donne toute latitude pour acquérir des cibles en dehors de leurs frontières domestiques.

Se réapproprier notre patrimoine passe déjà par la prise de conscience de la valeur de celui-ci et une détermination plus grande pour réformer notre fiscalité et notre économie, condition indispensable pour enrayer l’hémorragie en cours. Au niveau européen, l’absence d’harmonisation fiscale et réglementaire reste également un frein considérable sur lequel il faudrait avancer. En attendant, la France recèle de nombreuses start-up prometteuses, de jeunes entrepreneurs extrêmement talentueux. Malheureusement, le manque de capitaux disponibles pousse nombre d’entre eux à s’expatrier. Et le même manque d’argent amène notre patrimoine à tomber peu à peu dans l’escarcelle d’investisseurs étrangers. Un phénomène qui a tendance à s’accélérer.

  • Mise à jour le : 10/12/2015

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